samedi 1 octobre 2016

Construction-déconstruction-reconstruction

Annie GOT


Dans le cadre de l’exposition « Est-ce ainsi que le temps efface » mon travail s’est orienté vers l’idée de « construction-déconstruction-reconstruction ». Le point de départ de cette idée a été le charivari des machines qui ont mis à terre les HLM de la route de Montpellier. 




Les immeubles ont disparu sous les coups des pelles mécaniques. La nouvelle réalisation s’élevait en respectant le tracé des rues et l’implantation des arbres. D’autres projets ont été finalisés de la même manière dans la ville. Il apparait que la ville se modifie, se transforme tout en gardant en mémoire un dessin ancien.


Les maisons se côtoient et portent chacune la marque d’une époque, d’une tendance, d’une mode. Elles sont détruites et reconstruites, modifiées et transformées à travers les époques, les siècles en respectant les implantations précédentes et le voisinage des autres maisons.


Quand les crépis s’effritent, les façades nous livrent leurs histoires au travers des cicatrices, des modifications et des réparations.
Les pierres portent le récit du passé que l’homme a imprimé par son choix et son utilisation : la nature des pierres, la carrière, la façon de les tailler et de les assembler, de les réutiliser. Tous ces petits détails nous livre une histoire, celle des habitants qui ont construit, réparé, modifié leur habitat.
Les vues aériennes de la ville nous font découvrir les articulations des parcelles entre elles. Elles ont été partagées, vendues, cédées et les constructions se sont adaptées à ces variations. Le puzzle des différentes toitures nous laisse voir comment les espaces ont été redessinés.
Certaines maisons donnent des signes d’abandon. Seront-elles vendues pour être réhabilités, détruites reconstruites ou vont-elles disparaître tout doucement au gré des intempéries et des avaries.
Tellement de villes disparaissent ou ont disparu de la manière la plus violente jusqu’à la plus tranquille et la plus lente. Dassargues… Ambrussum vieille histoire que les archéologues ont fait sortir de l’oubli. Montredon village du Moyen Age qui est en train de sombrer dans l’indifférence.
Le temps nous donne le vertige et nous assoit dans notre précarité.
« Construction, déconstruction, reconstruction » mais combien de fois et jusqu’à quand ?




Construction, déconstruction, reconstruction.

L’homme vit chaque jour au milieu de cette problématique de différentes manières. Certains pays subissent la déconstruction jusqu’à la destruction. Des groupes et associations s’investissent dans la reconstruction.
Je me suis rapprochée de « Médecins sans frontières » pour les associer à ma démarche plastique. Construction d’un projet plastique pour reconstruction d’un espace ou d’une vie.

La vente de mon travail se fera au profit de l’association. Les personnes qui désireront un objet pourront faire un chèque à l’ordre de « médecins sans frontières ». Les pièces seront remises le dernier dimanche après midi (25/09). Cela pourrait prendre un aspect festif.



Le TEMPS pour Mathieu Caussé

Social, économique, politique, religieux, intime...




























dimanche 11 septembre 2016

Construction, déconstruction, reconstruction

Les "vestiges" sont enfouis dans le sol mais aussi dans les souvenirs partagés,  dans la mémoire individuelle et collective, dans les documents écrits, dessinés, photographiés.
Sur le thème « construction, déconstruction, reconstruction » l’installation présente un mur de pavés empreints d’une trace (vue de Lunel au lavis de brou de noix), une grille posée sur un support pour recevoir les pavés, un panneau présentant des vues « abstraites ».


Règle du jeu : prélever un pavé,   le déposer sur la grille, prendre la carte identique à celle du pavé et l’échanger avec une du panneau des cartes « abstraites ».  Déposer la carte abstraite dans un des 4 tableaux prévus à cet effet.



 Ainsi le mur  se déconstruit pour faire une sorte de mosaïque de vue de Lunel. Le panneau de cartes abstraites se modifie. A partir du 18 septembre les personnes ayant réservé une carte ou un pavé peuvent venir le retirer en faisant un chèque à l’ordre de Médecins sans frontières. Déconstruction de la mosaïque et du panneau au profit d’une association venant aider les victimes de la destruction. La remise des chèques se fera dans l’après-midi du 25 septembre.



 « La fouille est l’acte de rechercher des vestiges enfouis, qu’il s’agisse de constructions, d’objets ou traces  de l’activité humaine passée et de procéder à leur mise à jour par l’enlèvement des matériaux et sédiments qui les recouvrent. »*
« La technique photographique est plus objective que le dessin qui est soumis au regard de l’artiste. »
Pour faire des relevés précis on utilise parfois des grilles qui permettent de disposer d’un quadrillage et donc de dessiner les vestiges à partir de repères fixes. A partir de ces relevés on peut dresser des plans d’occupation par périodes
« Le relevé est une interprétation qui a pour objectif de transcrire ce qui a été vu et compris. …parce qu’il est un support plus pratique et mieux adapté à l’exercice de la réflexion il est la condition préalable à l’étude et à la compréhension globale. »*


*Définition wikipédia

mardi 6 septembre 2016

mercredi 17 août 2016

C'EST POUR JEUDI 1er SEPTEMBRE




Article dans "l'art vues" (magazine culturel de la région):
http://www.lartvues.com/2016/08/08/ainsi-temps-sefface-a-lespace-louis-feuillade-a-lunel-2/



dimanche 10 avril 2016

TRACES








Assez curieusement, le temps met du temps à effacer les oeuvres humaines.
Subsistent les peintures rupestres,les hiéroglyphes sur les pierres des pyramides, les inscriptions sur les vases et les plaques de bronzes étrusques.






Volonté de laisser une trace, fixer les règles d'une société en train de naître ou, plus simplement, désir immédiat d ' expression, circonscrit à son présent?


A toutes les époques , l'être humain trace, grave, écrit. Et, conscient ou non de sa fragilité et de l'impermanence de son être, il choisit les matériaux les plus durs ou alors peut-être ne les choisit-il que parce que ce sont ceux-là dont il dispose. Tout est si improbable de ce qu'il a ou non voulu!

Restent ces matériaux que les archéologues s'obstinent à découvrir, pour dire l'histoire de l'humanité et en rassembler les maillons épars.


Cette chaîne immatérielle qui raconte nos ancêtres et par là même nous relie à eux, qu'il est émouvant d'en retrouver les traces sur les pierres, sur les parois des grottes, sur les colonnes des temples grecs et sur les fragments de vases.

Quant à nous, notre époque est bien plus légère; elle n'a que du papier que le feu ou l'eau détruisent facilement Elle a le numérique et le disque dur, censé conserver toutes les données.




Mais la beauté d'un disque dur face à cette pierre gravée que tous les cataclysmes n'ont pas réussi à entamer?





L'homme moderne construit des musées où il conserve dans la pénombre les oeuvres de ces artistes anonymes qui ont inscrit dans la pierre ou des tablettes d'argile, sur des parchemins , des incunables ou livres d'heures les traces précieuses de ces temps anciens. Ainsi il se rassure dans une lutte incessante pour soustraire à l'effacement les vestiges que le passé nous transmet.

SL

mercredi 30 mars 2016

Une vie de pierre


D’Ambrussum, ne reste sur la colline que les bases des murailles, une grande rue qui traverse le souvenir de la ville fortifiée  et quelques bases de maisons qui ont été dégagées. Depuis quand est-elle déserte ?  Que sont devenues les maisons, les matériaux ? Se seraient-ils délités ?

Dans les environs d’Uzès, dans la commune de Gaujac existe une autre cité romaine. Il est étrange de trouver à l’entrée de cet oppidum un hameau et une église du Moyen Age. Après le départ des habitants partis se réfugier en des lieux plus sûrs, des carriers s’étaient installés. Cette communauté extrayait et taillait les pierres des maisons ou temples abandonnés et les revendait aux maîtres d’œuvre des chantiers environnants. Il est donc logique de penser que les châteaux, églises et villages des environs contiennent en leurs murs des souvenirs de la cité romaine.

Le recyclage des matériaux est un hénomène classique. Dans le livre   le biterrois narbonnais, p 259, (1) l’abbé Giry explique :
« … sur sa façade ( l’église paroissiale de Poilhes), nous découvrions, en 1938,une tête de marbre , qui avait été trouvée à Ensérune et utilisée comme vulgaire matériaux, lors de la construction. Or c’est le portrait de César qui devait orner le « forum » d’Ensérune ».
La tête de marbre a dû faire le chemin jusqu’à sa nouvelle destination perdue au milieu d’un grand tas de cailloux provenant du même endroit. Quelqu’un l’a ramassée. Quelqu’un l’a mêlée aux pierres de la façade… Absence d’intérêt pour le passé ? Volonté de le faire disparaître ? Aujourd’hui ce geste parait impensable et serait condamnable.
 Les constructions isolées dont les rénovations sont rares , peuvent être victimes de pillage, cédées ou vendues à l’usage de carrière. Les maçons achètent parfois des ruines pour démolir ou pratiquent leur propre « cueillette » dans la campagne.
Aujourd’hui, dans le cadre de rénovations de quartiers,  beaucoup de maisons démolies  voient leurs matériaux recyclés.
Les pierres sont réutilisées. Elles sont livrées dans de nouveaux chantiers.
Elles peuvent aussi être transformées en granulats recyclés. Cette manipulation modifie complètement la matière. C’est la fin du caillou. Le  béton coule à flots.
(1)  Abbé Giry Le BiterroisNarbonnais de la préhistoire à nos jours ed Esmeralda