Annie GOT
Dans le cadre de
l’exposition « Est-ce ainsi que le temps efface » mon
travail s’est orienté vers l’idée de
« construction-déconstruction-reconstruction ». Le point de départ de cette idée a été le charivari des machines qui ont mis à terre les HLM de la route de Montpellier.
Les immeubles ont disparu sous
les coups des pelles mécaniques. La nouvelle réalisation s’élevait
en respectant le tracé des rues et l’implantation des arbres.
D’autres projets ont été finalisés de la même manière dans la
ville. Il apparait que la ville se modifie, se transforme tout en
gardant en mémoire un dessin ancien.
Les maisons se côtoient
et portent chacune la marque d’une époque, d’une tendance, d’une
mode. Elles sont détruites et reconstruites, modifiées et
transformées à travers les époques, les siècles en respectant les
implantations précédentes et le voisinage des autres maisons.
Quand les crépis
s’effritent, les façades nous livrent leurs histoires au travers
des cicatrices, des modifications et des réparations.
Les pierres portent le
récit du passé que l’homme a imprimé par son choix et son
utilisation : la nature des pierres, la carrière, la façon de
les tailler et de les assembler, de les réutiliser. Tous ces petits
détails nous livre une histoire, celle des habitants qui ont
construit, réparé, modifié leur habitat.
Les vues aériennes de la
ville nous font découvrir les articulations des parcelles entre
elles. Elles ont été partagées, vendues, cédées et les
constructions se sont adaptées à ces variations. Le puzzle des
différentes toitures nous laisse voir comment les espaces ont été
redessinés.
Certaines maisons donnent
des signes d’abandon. Seront-elles vendues pour être réhabilités,
détruites reconstruites ou vont-elles disparaître tout doucement au
gré des intempéries et des avaries.
Tellement de villes
disparaissent ou ont disparu de la manière la plus violente jusqu’à
la plus tranquille et la plus lente. Dassargues… Ambrussum vieille
histoire que les archéologues ont fait sortir de l’oubli.
Montredon village du Moyen Age qui est en train de sombrer dans
l’indifférence.
Le temps nous donne le
vertige et nous assoit dans notre précarité.
« Construction,
déconstruction, reconstruction » mais combien de fois et
jusqu’à quand ?
Construction,
déconstruction, reconstruction.
L’homme vit chaque jour
au milieu de cette problématique de différentes manières. Certains
pays subissent la déconstruction jusqu’à la destruction. Des
groupes et associations s’investissent dans la reconstruction.
Je me suis rapprochée de
« Médecins sans frontières » pour les associer à ma
démarche plastique. Construction d’un projet plastique pour
reconstruction d’un espace ou d’une vie.
La vente de mon travail
se fera au profit de l’association. Les personnes qui désireront
un objet pourront faire un chèque à l’ordre de « médecins
sans frontières ». Les pièces seront remises le dernier
dimanche après midi (25/09). Cela pourrait prendre un aspect festif.





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