D’Ambrussum,
ne reste sur la colline que les bases des murailles, une grande rue qui
traverse le souvenir de la ville fortifiée et quelques bases de maisons
qui ont été dégagées. Depuis quand est-elle déserte ? Que sont devenues les maisons, les
matériaux ? Se seraient-ils délités ?
Dans les
environs d’Uzès, dans la commune de Gaujac existe une autre cité romaine. Il
est étrange de trouver à l’entrée de cet oppidum un hameau et une église du
Moyen Age. Après le départ des habitants partis se réfugier en des lieux plus
sûrs, des carriers s’étaient installés. Cette communauté extrayait et taillait
les pierres des maisons ou temples abandonnés et les revendait aux maîtres
d’œuvre des chantiers environnants. Il est donc logique de penser que les
châteaux, églises et villages des environs contiennent en leurs murs des
souvenirs de la cité romaine.
Le recyclage des matériaux est un hénomène
classique. Dans le livre le
biterrois narbonnais, p 259, (1) l’abbé Giry explique :
« … sur
sa façade ( l’église paroissiale de Poilhes), nous découvrions, en 1938,une
tête de marbre , qui avait été trouvée à Ensérune et utilisée comme vulgaire
matériaux, lors de la construction. Or c’est le portrait de César qui devait
orner le « forum » d’Ensérune ».
La tête de
marbre a dû faire le chemin jusqu’à sa nouvelle destination perdue au milieu
d’un grand tas de cailloux provenant du même endroit. Quelqu’un l’a ramassée.
Quelqu’un l’a mêlée aux pierres de la façade… Absence d’intérêt pour le
passé ? Volonté de le faire disparaître ? Aujourd’hui ce geste parait
impensable et serait condamnable.
Les constructions isolées dont les rénovations
sont rares , peuvent être victimes de pillage, cédées ou vendues à l’usage de
carrière. Les maçons achètent parfois des ruines pour démolir ou pratiquent
leur propre « cueillette » dans la campagne.
Aujourd’hui,
dans le cadre de rénovations de quartiers, beaucoup de maisons démolies voient leurs matériaux recyclés.
Les pierres
sont réutilisées. Elles sont livrées dans de nouveaux chantiers.
Elles peuvent
aussi être transformées en granulats recyclés. Cette manipulation modifie
complètement la matière. C’est la fin du caillou. Le béton coule à flots.
(1) Abbé
Giry Le BiterroisNarbonnais de la
préhistoire à nos jours ed Esmeralda


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