dimanche 10 avril 2016

TRACES








Assez curieusement, le temps met du temps à effacer les oeuvres humaines.
Subsistent les peintures rupestres,les hiéroglyphes sur les pierres des pyramides, les inscriptions sur les vases et les plaques de bronzes étrusques.






Volonté de laisser une trace, fixer les règles d'une société en train de naître ou, plus simplement, désir immédiat d ' expression, circonscrit à son présent?


A toutes les époques , l'être humain trace, grave, écrit. Et, conscient ou non de sa fragilité et de l'impermanence de son être, il choisit les matériaux les plus durs ou alors peut-être ne les choisit-il que parce que ce sont ceux-là dont il dispose. Tout est si improbable de ce qu'il a ou non voulu!

Restent ces matériaux que les archéologues s'obstinent à découvrir, pour dire l'histoire de l'humanité et en rassembler les maillons épars.


Cette chaîne immatérielle qui raconte nos ancêtres et par là même nous relie à eux, qu'il est émouvant d'en retrouver les traces sur les pierres, sur les parois des grottes, sur les colonnes des temples grecs et sur les fragments de vases.

Quant à nous, notre époque est bien plus légère; elle n'a que du papier que le feu ou l'eau détruisent facilement Elle a le numérique et le disque dur, censé conserver toutes les données.




Mais la beauté d'un disque dur face à cette pierre gravée que tous les cataclysmes n'ont pas réussi à entamer?





L'homme moderne construit des musées où il conserve dans la pénombre les oeuvres de ces artistes anonymes qui ont inscrit dans la pierre ou des tablettes d'argile, sur des parchemins , des incunables ou livres d'heures les traces précieuses de ces temps anciens. Ainsi il se rassure dans une lutte incessante pour soustraire à l'effacement les vestiges que le passé nous transmet.

SL

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