Assez
curieusement, le temps met du temps à effacer les oeuvres humaines.
Subsistent
les peintures rupestres,les hiéroglyphes sur les pierres des
pyramides, les inscriptions sur les vases et les plaques de bronzes
étrusques.
Volonté
de laisser une trace, fixer les règles d'une société en train de
naître ou, plus simplement, désir immédiat d ' expression,
circonscrit à son présent?
A
toutes les époques , l'être humain trace, grave, écrit. Et,
conscient ou non de sa fragilité et de l'impermanence de son être,
il choisit les matériaux les plus durs ou alors peut-être ne les
choisit-il que parce que ce sont ceux-là dont il dispose. Tout est
si improbable de ce qu'il a ou non voulu!
Restent
ces matériaux que les archéologues s'obstinent à découvrir,
pour dire l'histoire de l'humanité et en rassembler les maillons
épars.
Cette
chaîne immatérielle qui raconte nos ancêtres et par là même nous
relie à eux, qu'il est émouvant d'en retrouver les traces sur
les pierres, sur les parois des grottes, sur les colonnes des temples
grecs et sur les fragments de vases.
Quant
à nous, notre époque est bien plus légère; elle n'a que du
papier que le feu ou l'eau détruisent facilement Elle a le
numérique et le disque dur, censé conserver toutes les données.
Mais
la beauté d'un disque dur face à cette pierre gravée que tous
les cataclysmes n'ont pas réussi à entamer?
L'homme moderne construit des musées où il conserve dans la
pénombre les oeuvres de ces artistes anonymes qui ont inscrit dans
la pierre ou des tablettes d'argile, sur des parchemins , des
incunables ou livres d'heures les traces précieuses de ces temps
anciens. Ainsi il se rassure dans une lutte incessante pour
soustraire à l'effacement les vestiges que le passé nous
transmet.
SL








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