Todo pasa y todo queda,
pero lo nuestro es pasar,
pasar haciendo caminos,
caminos sobre el mar.
Nunca persequí la gloria,
ni dejar en la memoria
de los hombres mi canción;
yo amo los mundos sutiles,
ingrávidos y gentiles,
como pompas de jabón.
Me gusta verlos pintarse
de sol y grana, volar
bajo el cielo azul, temblar
súbitamente y quebrarse...
Nunca perseguí la gloria.
pasar haciendo caminos,
caminos sobre el mar.
Nunca persequí la gloria,
ni dejar en la memoria
de los hombres mi canción;
yo amo los mundos sutiles,
ingrávidos y gentiles,
como pompas de jabón.
Me gusta verlos pintarse
de sol y grana, volar
bajo el cielo azul, temblar
súbitamente y quebrarse...
Nunca perseguí la gloria.
Caminante, son tus huellas
el camino y nada más;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace camino
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante no hay camino
sino estelas en la mar...
Hace algún tiempo en ese lugar
donde hoy los bosques se visten de espinos
se oyó la voz de un poeta gritar
"Caminante no hay camino,
se hace camino al andar..."
Golpe a golpe, verso a verso...
Murió el poeta lejos del hogar.
Le cubre el polvo de un país vecino.
Al alejarse le vieron llorar.
"Caminante no hay camino,
se hace camino al andar..."
Golpe a golpe, verso a verso...
Cuando el jilguero no puede cantar.
Cuando el poeta es un peregrino,
cuando de nada nos sirve rezar.
"Caminante no hay camino,
se hace camino al andar..."
Golpe a golpe, verso a verso.
Antonio Machado, Cantares
https://www.youtube.com/watch?v=QHcypSLIp_A
Toi qui marches, il n'existe pas de chemin
Tout passe et tout reste,
mais le propre de l'homme est de passer,
passer en faisant des chemins,
des chemins sur la mer.
mais le propre de l'homme est de passer,
passer en faisant des chemins,
des chemins sur la mer.
Je n'ai jamais
cherché la gloire,
ni cherché à laisser dans la mémoire
des hommes ma chanson ;
j'aime les mondes subtils,
légers et aimables,
comme des bulles de savon.
ni cherché à laisser dans la mémoire
des hommes ma chanson ;
j'aime les mondes subtils,
légers et aimables,
comme des bulles de savon.
J'aime les voir se peindre
de soleil et de rouge, voler
sous le ciel bleu, trembler
soudainement et se rompre...
de soleil et de rouge, voler
sous le ciel bleu, trembler
soudainement et se rompre...
Je n'ai jamais cherché la gloire.
Toi qui marches, ce sont tes traces
qui font le chemin, rien d'autre ;
toi qui marches, il n'existe pas de chemin,
le chemin se fait en marchant.
qui font le chemin, rien d'autre ;
toi qui marches, il n'existe pas de chemin,
le chemin se fait en marchant.
En marchant on fait le chemin
et lorsqu'on se retourne
on voit le sentier que jamais
on n'empruntera à nouveau.
et lorsqu'on se retourne
on voit le sentier que jamais
on n'empruntera à nouveau.
Toi qui marches, il n'existe pas de chemin
si ce n'est le sillage dans la mer...
si ce n'est le sillage dans la mer...
Il fut un temps dans ce lieu
où aujourd'hui les bois s'habillent d'épines
on entendit la voix d'un poète crier
où aujourd'hui les bois s'habillent d'épines
on entendit la voix d'un poète crier
"Toi qui marches, il n'existe pas de chemin,
le chemin se fait en marchant..."
le chemin se fait en marchant..."
Coup après coup, vers après vers...
. Le poète
mourut loin de chez lui.
Il est recouvert de la poussière d'un pays voisin.
. En s'éloignant on le vit pleurer.
, Toi qui marches, il n'existe pas de chemin,
le chemin se fait en marchant...
Il est recouvert de la poussière d'un pays voisin.
. En s'éloignant on le vit pleurer.
, Toi qui marches, il n'existe pas de chemin,
le chemin se fait en marchant...
Coup après
coup, vers après vers...
Quand le
chardonneret ne peut chanter
Quand le poète
est un pèlerin,
quand il ne sert à rien de prier.
"Toi qui marches, il n'existe pas de chemin,
le chemin se fait en marchant..."
quand il ne sert à rien de prier.
"Toi qui marches, il n'existe pas de chemin,
le chemin se fait en marchant..."
Coup après
coup, vers après vers.]

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