mercredi 14 octobre 2015

Caminante no hay camino, se hace camino al andar

Todo pasa y todo queda,
pero lo nuestro es pasar,
pasar haciendo caminos,
caminos sobre el mar.

Nunca persequí la gloria,
ni dejar en la memoria
de los hombres mi canción;
yo amo los mundos sutiles,
ingrávidos y gentiles,
como pompas de jabón.

Me gusta verlos pintarse
de sol y grana, volar
bajo el cielo azul, temblar
súbitamente y quebrarse...

Nunca perseguí la gloria.
Caminante, son tus huellas
el camino y nada más;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.

Al andar se hace camino
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.

Caminante no hay camino
sino estelas en la mar...

Hace algún tiempo en ese lugar
donde hoy los bosques se visten de espinos
se oyó la voz de un poeta gritar
"Caminante no hay camino,
se hace camino al andar..."

Golpe a golpe, verso a verso...

Murió el poeta lejos del hogar.
Le cubre el polvo de un país vecino.
Al alejarse le vieron llorar.
"Caminante no hay camino,
se hace camino al andar..."

Golpe a golpe, verso a verso...

Cuando el jilguero no puede cantar.
Cuando el poeta es un peregrino,
cuando de nada nos sirve rezar.
"Caminante no hay camino,
se hace camino al andar..."

Golpe a golpe, verso a verso.


Antonio Machado, Cantares

https://www.youtube.com/watch?v=QHcypSLIp_A


 Toi qui marches, il n'existe pas de chemin
  Tout passe et tout reste,
 mais le propre de l'homme est de passer,
 passer en faisant des chemins,
  des chemins sur la mer.
 Je n'ai jamais cherché la gloire,
  ni cherché à laisser dans la mémoire
  des hommes ma chanson ;
  j'aime les mondes subtils,
  légers et aimables,
 comme des bulles de savon.
  J'aime les voir se peindre
  de soleil et de rouge, voler
  sous le ciel bleu, trembler
 soudainement et se rompre...
  Je n'ai jamais cherché la gloire.
  Toi qui marches, ce sont tes traces
 qui font le chemin, rien d'autre ;
  toi qui marches, il n'existe pas de chemin,
 le chemin se fait en marchant.
  En marchant on fait le chemin
  et lorsqu'on se retourne
  on voit le sentier que jamais
 on n'empruntera à nouveau.
  Toi qui marches, il n'existe pas de chemin
 si ce n'est le sillage dans la mer...
  Il fut un temps dans ce lieu
  où aujourd'hui les bois s'habillent d'épines
  on entendit la voix d'un poète crier
"Toi qui marches, il n'existe pas de chemin,
  le chemin se fait en marchant..."
  Coup après coup, vers après vers...
 . Le poète mourut loin de chez lui.
  Il est recouvert de la poussière d'un pays voisin.
 . En s'éloignant on le vit pleurer.
 , Toi qui marches, il n'existe pas de chemin,
  le chemin se fait en marchant...
 Coup après coup, vers après vers...
 Quand le chardonneret ne peut chanter
 Quand le poète est un pèlerin,
 quand il ne sert à rien de prier.
"Toi qui marches, il n'existe pas de chemin,
  le chemin se fait en marchant..."
 Coup après coup, vers après vers.]

Ecouter Joan Manuel Serrat- Cantares (Caminante, no hay camino, se hace camino al andar). 

mercredi 7 octobre 2015

Chemins



L’homme imprime son passage dans les paysages qu’il traverse : les sentiers dans les végétaux froissés ou piétinés, les chemins empierrés, les routes pavées ou goudronnées…Ces empreintes peuvent nous faire remonter le temps. Les routes contemporaines empruntent encore et souvent le tracé de la voie Domitienne, ( N85, N100, A9…)  Les portions des anciennes routes qui ont été abandonnées sont encore visibles, elles servent souvent de chemin ou de route secondaire. 


Après Nîmes, la voie Domitienne traverse Uchaud, Codognan, Vergèze, Gallargues le Montueux pour arriver au pont d'Ambroix avant de rentrer dans Abrussum. La rue pavée est sculptée par l'usure des charrettes.
Souvenir de passages intenses de roues ferrées, paroles de charretiers, martellement des sabots, appels, cris d'enfants, animation urbaine.








Silence, végétation méditerranéenne, les chants d'oiseaux et de cigales creusent le vide.
AG

samedi 26 septembre 2015

Et demain...

Les bulldozers affrontent les murs, abattent des pans de vie, traversent le temps. Les immeubles de la route de Montpellier ont interpellé les Lunellois dans leur disparition.


La presse a fait articles et reportages. Les photographes ont immortalisé l’évènement. Ils ont saisi avec leur appareil numérique l’instant, la déchirure, l’éboulement, l’arrachement.

La machine broie les certitudes et révèle la fragilité des constructions. Elle inquiète et fascine, construit et détruit. Elle place l’homme au cœur de la problématique du temps et le confronte à sa crainte de l’éphémère.

Autour de Lunel, les vestiges, les empreintes de vie, les traces des passages de ceux qui nous ont précédés sont très riches et remontent très loin dans le temps.

Sur les sites de la grotte préhistorique du Mas des Caves à Lunel Viel, Ambrussum, Dassargues, Saint Gilles le Vieux, les archéologues ont gommé l’épaisseur du temps pour faire apparaitre à la surface du sol des villages, des quartiers, des dessins de maisons, des traces de vie... 


Lunel nous offre son histoire. Les maisons ont évolué, se sont transformées mais le plan de la ville est resté fidèle aux deux enceintes et au souvenir du « castrum » même si tous les murs ont disparu. Les lectures du plan et l’histoire des pierres se confrontent et divergent. Les murs nous offrent des pages de lecture ou de rêve.

Pierre à pierre, le livre de son histoire s’effeuille, se modifie, s’anime,…. s’écroule, s’éboule ? Et demain, Lunel... ?
AG